Un an… déjà !

1 août 2010

Il y a un an, nous vous proposions un nouveau site de discussion, le blog d’Option Culture (http://option.culture.free.fr), consacré à la gestion et au développement des sites culturels.

Voici ce que nous disions alors.

Vous avez dit management des sites culturels ?

Eh oui, comme toute organisation, les musées, monuments, sites archéologiques, « maisons », centres de culture scientifique et autres centres d’interprétation ont besoin d’être gérés !

De là, deux possibilités : soit l’on considère que le mode de gestion qui peut trouver à s’y appliquer n’est guère différent de la gestion que l’on enseigne dans les écoles de commerce ou les instituts d’administration.

Soit – et le lecteur aura deviné que c’est notre position – l’on considère qu’il convient de développer une approche spécifique des institutions culturelles pour tenir compte de nature particulière de leurs missions (conservation, recherche, éducation, diffusion…).

Nous ferons donc part ici des réflexions issues de nos diverses expériences : consultant, chercheur et enseignant.

Bien entendu, loin de défendre une position dogmatique, celles-ci seront ouvertes à la discussion avec les lecteurs de ce blog !

Voici, à titre d’illustration, quelques-uns des sujets que nous aborderons dans les prochains « posts » : expositions, philanthropie, tarification, stratégie, mondialisation, marketing, formation, mécénat, financement, tourisme, architecture…

Un an après on peut constater que ces thèmes ont été abordés à travers une centaine de billets, mais d’autres sujets également, le tout formant un ensemble composite autour des questions relatives à l’évolution du monde de la culture.

C’est désormais le moment de s’adresser à vous, à l’écoute de vos remarques et de vos suggestions.

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (5)

22 juillet 2010

Pour clore cette série de billets, rappelons qu’à travers le concept d’« organisation culturelle de marché », nous avons souhaité montrer  :

  • que nombre de musées, de monuments et autres sites culturels ne sont pas seulement entrés dans une logique de modernisation et de rationalisation ;
  • que l’ensemble de l’organisation est concernée, en particulier – mais pas seulement – dans sa dimension gestionnaire ;
  • que c’est bien toute l’activité du site culturel qui est confrontée à la logique du marché, en tant que lieu de rencontre d’une offre et d’une demande : les visites, les expositions, les collections, la programmation, le financement, le personnel.

Cela signifie également qu’un rapprochement s’est opéré avec le monde du loisir, de la consommation et du divertissement ; mais que, pour autant, les sites culturels ne sont pas des entreprises commerciales, s’agissant d’institutions (publiques ou privées) à but non lucratif.

Outre la présentation du concept dans notre livre Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, réédition 2010), nous mentionnerons également un article (Les mutations du management des sites culturels, retour sur le concept d’ »organisation culturelle de marché ») paru dans l’ouvrage collectif Les nouveaux défis du manager public. Conduire le changement, maîtriser la gestion, dynamiser le territoire, coordonné par Henri Mahé de Boislandelle et Isabelle Bories-Azeau : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=30092.

Manager public 2

En voici la présentation :

Cet ouvrage est né d’un colloque organisé à Montpellier par la Faculté d’Administration Économique et Sociale en 2006. L’objectif était de susciter une réflexion sur les nouveaux enjeux du management public en confrontant les approches d’universitaires et de praticiens autour de trois thématiques d’actualité : la conduite du changement dans les organisations publiques ; l’appropriation des outils de gestion par le manager public ; le territoire, nouvel enjeu du management public. Cet ouvrage propose ainsi une centration nouvelle et originale sur le manager public et notamment sur la responsabilisation des cadres dirigeants résultant de la logique managériale introduite par les réformes successives du secteur public.

Projets culturels et réforme des territoires

15 juillet 2010

Voici la présentation du cycle professionnel intitulé PROJETS CULTURELS ET TERRITOIRES par les organisateurs de la formation.

La réforme des collectivités territoriales s’apprête à bouleverser en profondeur le cadre de l’action publique sur les territoires intercommunaux, à proximité des centres urbains comme en zone rurale. Devenus des espaces ouverts à la créativité des artistes, en recherche d’une attractivité renforcée mais aussi d’un « mieux vivre ensemble », ces territoires sont aujourd’hui autant de lieux d’innovation pour les politiques culturelles.

Agents de développements des territoires, artistes, programmateurs, médiateurs et techniciens des collectivités sont appelés à y développer de nouvelles méthodes de travail partenariales. Porté sur l’innovation, ce Cycle professionnel national entend apporter des réponses concrètes aux attentes des professionnels sur le terrain.

Comment appréhender la réforme des collectivités territoriales en lien avec les problématiques de son territoire ? Comment cerner les priorités d’action culturelle sur un territoire ? Quelles sont les clés de réussite d’une résidence territoriale ? Sur quelles bases peut-on construire une politique culturelle de territoires, ouverte sur les arts vivants comme sur le patrimoine ? Comment nourrir un programme de médiation culturelle au contact de la population, dans un processus de co-construction ? Quelles méthodologies peut-on mettre en œuvre pour formaliser son projet et le défendre auprès des collectivités publiques ? De quels outils peut-on se doter pour initier une approche de développement durable pour les projets culturels de son territoire ?


Objectif
Le Cycle professionnel national «Projets culturels et territoires» apporte des repères et des éléments de méthodologie utiles au développement de projet culturels de spectacle vivant sur les territoires ruraux ou péri-urbains. Il permet de préciser les conditions de mise en œuvre d’un projet culturel sur le territoire, le développement d’une programmation et d’actions de médiation ainsi que la conduite d’un projet d’équipement structurant.

Programme – Présentation synthétique
Cadre et méthodologie de projet
• Appréhender la réforme des collectivités et la territorialisation des politiques culturelles
• Développer une approche raisonnée du diagnostic culturel d’un territoire
• Définir les enjeux d’un projet artistique et culturel dans le contexte des politiques publiques locales
• Inscrire ses projets culturels à l’échelle métropolitaine – enjeux et méthode
• Initier une stratégie de travail en réseau entre acteurs du territoire

Territoire, projet artistique et culturel
• Définir les enjeux posés par une résidence sur un territoire
• Mettre en œuvre un projet de résidence territoriale et de médiation culturelle
• Résidence : Construire la relation à la population et aux relais de l’action culturelle
• Développer un projet d’implantation artistique durable sur un territoire
• Élaborer et animer une programmation sur un territoire intercommunal

Structuration progressive d’un projet sur le territoire
• Transformer le territoire en lieu d’expérimentation de nouvelles relations aux publics
• Développer une démarche participative et la co-construction de projets artistiques
• Faire d’un festival un acteur du développement du territoire
• Construire et rédiger son projet culturel pour le territoire

Du projet à la politique culturelle de territoire
• Allier culture, tourisme et attractivité sur le territoire
• Développer une stratégie d’animation du patrimoine par les arts vivants
• Concilier culture et développement durable sur son territoire
• Initier un projet pour les musiques et les cultures émergentes en milieu rural
• Perspectives : du projet à l’équipement intercommunal

Direction pédagogique et intervenants
Cyrille Planson (Directeur pédagogique) • Jean-Louis BiardBruno de BeaufortPhilippe ChaudoirChantal LamarreHervé Fournier Richard FrancoPhilippe HenryXavier Kawa-ToporLuc ChohinJean-Marc SartoreJoël SimonCatherine ToussaintFrédéric TovanyJean-Michel TobelemAnne-Lise VinciguerraJean-Claude Wallach

Durée, dates et lieux
La formation se déroule sur quatre semaines, soit 20 jours de formation. Les semaines sont réparties durant l’année. Le calendrier a été conçu pour être compatible avec
l’exercice d’une activité professionnelle.
La promotion 2010-2011 est organisée selon le calendrier suivant :
• 1ère semaine, du 11 au 15 octobre 2010 à Nantes ;
• 2ème semaine, du 6 au 10 décembre 2010 à Nantes ;
• 3ème semaine, du 31 janvier au 4 février 2011 à Paris ;
• 4ème semaine, du 4 au 8 avril 2011 à Nantes.

  • http://www.lesformations-act.com/act9.html
  • http://www.lesformations-act.com/plaquettes/act9.pdf

Contact

ART CULTURE TRANSMISSION
11, rue des Olivettes – BP 41805
44018 Nantes Cedex 1 – France
Tél. : 02 40 20 60 29 – – Fax : 02 40 84 01 32
contact@lesformations-act.com
www.lesformations-act.com

LA COMUNICACIÓN Y EL MUSEO

8 juillet 2010

Pour nos amis hispanophones, voici la présentation du dernier numéro de la revue de muséologie Mus-A.

Ésta es la premisa que sustenta al número doce de nuestra revista, cuyo dossier está dedicado a la comunicación y el museo. Bienvenido sea el lector.
Hace tiempo que se consideran las exposiciones como un medio de comunicación, con sus características y peculiaridades como soporte de información y mensaje. Hace algo menos que se tiene claro que la dimensión comunicativa en nuestras instituciones las envuelve completamente, impregnando de una u otra forma a todas sus áreas de trabajo y actividad.
Un museo en un enclave geográfico comunica.
Un edificio comunica. Un área de recepción comunica. Sobre sus fondos, exposiciones, actividades y materiales de interpretación y apoyo a la visita… qué decir. La investigación, la conservación, la restauración y la tutela de las colecciones, bien sea por acción o por omisión, también comunican. No es lo mismo que una labor de recuperación patrimonial (desde una incautación hasta una restauración, pasando por una investigación o una nueva adquisición, entre otros) se cuente o que no se cuente. Si se cuenta, el museo construye sociedad; si no se cuenta, se construye el museo al margen de la sociedad.
Este tema no admite componendas, no existen actitudes neutras. El museo y la sociedad es un proceso de comunicación abierto y en marcha.
Si te subes a él e intervienes, te posicionas definiendo un modelo de museo. Si no lo haces, también te posicionas y también defines un modelo de museo.
Por eso, por la cantidad de variables que entran en juego, un museo es ineludiblemente una labor de equipo y requiere de muchas sensibilidades, de muchos tipos de conocimientos (un especialista en comunicación, por ejemplo) y de mucha coordinación. Interdisciplinariedad para construir la forma de estar en sociedad y también, cómo no, para elaborar nuestro producto más conocido y popular: las exposiciones.
En esta labor, las tecnologías de la información y la comunicación constituyen una herramienta de primer orden. Sin embargo, es muy importante que el bosque no nos impida ver los árboles. Las máquinas son siempre instrumentos. Los avances en los modelos de información no son tecnológicos, sino modificaciones en la concepción de la comunicación humana, en cómo se llega a las personas y cuál es la naturaleza de ese contacto, en la forma en la que museo y sociedad se relacionan. Adaptarse a la tecnología no es comprar un nuevo aparato, sino preparar tus recursos y tu mentalidad para responder a un nuevo reto, a una demanda de comunicación en plena evolución.
Del museo como medio de comunicación de masas, de la interdisciplinariedad, del reto ante el nuevo modelo comunicativo y de otras muchas más cosas hablamos a continuación.
Seguimos esperando que os guste.

Notre article s’intitule : Optimizar la promoción y la comunicación de los sitios culturales
(Jean-Michel Tobelem, Director del centro de asesoría cultural Option–Cultura. Francia)

mus-A. REVISTA DE LOS MUSEOS DE ANDALUCÍA

AÑO VIII. Nº 12, MAYO 2010.

Présentation en anglais : http://www.museosdeandalucia.es/cultura/museos/musa_des.jsp?idreg=129.

Bon de commande : http://www.museosdeandalucia.es/cultura/museos/media/docs/PORTAL_boletin_suscripcion_musa.pdf.

Le coût de la fin de la gratuité des musées à Caen

30 juin 2010

On reste interrogatif devant les arguments avancés par la municipalité de Caen (Calvados) pour justifier la fin de la gratuité des musées municipaux de la ville de Caen (musée des Beaux-Arts et musée de Normandie), alors même que l’entrée du Mémorial de la Paix reste fixée à… 17,50 euros !

  • Premier point, ce n’est pas une affaire d’argent selon le maire, qui déclare à ce sujet : « On ne fait pas ça pour récupérer de l’argent, mais pour mettre en place une politique publique efficace, agir sur le fond des choses » (Virginie Jamin, Ouest France, 5 juin 2010). Mais comme le souligne le journaliste de Libération Samuel Madar : « Difficile d’imaginer [en effet] que ceux qui ne venaient pas au musée lorsque celui-ci était gratuit s’y rendront quand il sera payant. » (http://www.liberation.fr/culture/0101640532-caen-les-musees-redeviennent-payants)
  • Deuxième point, la mesure serait peu efficace. Pourtant, la fréquentation des collections permanentes du musée des Beaux-Arts est passé de 39 334 visiteurs en 2004 à 45 007 en 2009 et celle du musée de Normandie de 40 122 à 62 871 !
  • Troisième point, selon la mairie « les recettes générées devraient être de 30 à 40 000 euros. Elles permettront de mettre en place une politique publique d’accès à la culture plus solidaire et de développer des actions de médiation pour aller au devant des publics les plus éloignés de la culture. » Autrement dit, les mesures de médiation et d’aide à la visite que doit prendre toute institution muséale en application de la loi sur les Musées de France sont conditionnées… aux recettes de billetterie !
  • Quatrième point, la mairie indique que la gratuité « favorisait surtout la fréquentation des touristes mais n’a pas permis d’élargir sociologiquement le public des visiteurs caennais », mais elle n’indique pas sur quels éléments d’évaluation elle fonde son appréciation…

Le communiqué de presse accompagnant la mesure suggère à cet égard une interprétation erronée des résultats de l’expérimentée conduite par le ministère de la Culture dans 14 musées et monuments en 2009 en laissant entendre que « la gratuité a d’abord constitué un effet d’aubaine pour les publics les plus favorisés et pour les touristes ».

Car la réalité est toute différente, comme l’indiquent les citations suivantes extraites des résultats de cette expérimentation (http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cetudes-09_2.pdf) :

  • « Qu’il s’agisse du public déjà familier des musées et plus encore des primo-visiteurs, l’effet accélérateur sur la démocratisation de l’accès aux institutions muséales est manifeste.»
  • « Des résultats peu équivoques attestent d’une portée sociale de la mesure de gratuité, démontrent son succès auprès des catégories dont les pratiques culturelles sont peu ou moyennement importantes, mettent en lumière l’effet de levier de la gratuité sur la formation de la familiarité avec les musées et monuments. »
  • « La gratuité a d’abord mobilisé les étudiants et les visiteurs des catégories populaires, ceux dont les liens avec la culture sont relativement distendus et la familiarité avec les musées et monuments peu considérables. »
  • « Les visiteurs les moins familiers estiment que cette mesure a été un déclencheur de leur visite. »

Conclusion : la mairie de Caen, en revenant sur la décision de la précédente municipalité, n’a sans doute pas conscience du coût – culturel, mais aussi financier – de cette mesure.

En se privant d’un instrument efficace de politique culturelle (à des conditions que nous avons eu l’occasion d’exposer à plusieurs reprises ; cf. http://www.louvrepourtous.fr/La-gratuite-des-musees-vue-par,241.html, ou http://www.herodote.net/agenda/actu_gratuite_musees_Tobelem.pdf, ou encore http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/tout-a-t-il-ete-dit-concernant-la-43916), elle néglige le fait que certaines personnes vont renoncer à leur visite et d’autres en réduiront la fréquence, sans oublier que cette mesure aura un coût sur le plan administratif, organisationnel et des ressources humaines !

Enfin, la venue d’un nombre plus important de visiteurs avait l’avantage d’offrir l’occasion d’un développement des recettes à la boutique et à la cafétéria, sans négliger les autres sources de recettes que sont le mécénat et la location d’espace…

Et vous, comment réagissez-vous de votre côté ?

Tarification solidaire

25 juin 2010

A la suite de la journée d’étude organisée dans le cadre du Cycle Professionnel « Contrôleur de gestion » le 4 février 2010 à l’ENACT d’Angers (sous l’égide de Danièle Ehrmann), une journée portant sur le même sujet a été organisé à Strasbourg le 9 mars 2010 pour le compte de l’ENA et de l’INET.

En voici la présentation par Thierry GEVAUDAN, administrateur territorial hors classe, ancien élève de l’Institut national des études territoriales et directeur général des services de la ville de Saint-Herblain.

ENTRE USAGERS ET CONTRIBUABLES : COMMENT DÉTERMINER UNE JUSTE TARIFICATION DU SERVICE PUBLIC LOCAL ?

La définition d’une politique tarifaire des services publics locaux soulève de nombreuses questions essentielles. Qu’il s’agisse de démocratiser l’accès à la culture ou à tout autre domaine, ou bien de déterminer un « juste prix », la tarification exprime d’abord les objectifs politiques poursuivis par les élus, voire leur volontarisme. A cet égard, la question de la solidarité fiscale occupe d’emblée une place centrale.

En effet, la différence arithmétique entre le coût du service et le prix de la prestation correspond à la charge que l’on entend faire assumer par la solidarité fiscale, et si l’usager est le plus souvent un contribuable, le contribuable n’est pas forcément un usager… Un des aspects essentiels réside ici dans la détermination précise du coût réel du service « offert », en y intégrant l’ensemble des coûts directs et indirects (généralement occultés), étape trop souvent négligée, alors qu’elle permet d’identifier la répartition de la charge qu’on entend faire porter sur l’usager et sur le contribuable.

Il s’agit ensuite d’un enjeu non négligeable au plan économique. Les ressources fiscales des collectivités territoriales représentent en moyenne la moitié de leurs recettes de fonctionnement, pour une large part assises sur les ménages. Les produits des services (découlant de la politique tarifaire) avoisinent quant à eux 10 % de ces recettes. Ainsi, à périmètre constant, toute baisse du prix devra être compensée par une hausse des taux d’imposition… ou par des économies substantielles.

Au plan social, la définition d’une politique tarifaire doit également intégrer la notion de « charge supportable » pour l’usager et doit tenir compte de la réalité sociodémographique du territoire (ne serait-ce que pour limiter les risques d’impayés et la multiplication des créances irrécouvrables) ; elle peut s’accompagner d’une réflexion sur l’accompagnement individualisé des usagers.

Enfin, au plan éthique, la détermination de tarifs justes et équitables passe aujourd’hui, pour de nombreuses collectivités, par l’instauration d’une tarification dégressive selon la composition du foyer, ou par la fixation de quotients familiaux progressifs en fonction des charges et revenus des familles. Il en résulte parfois des systèmes d’une assez grande complexité technique.

Peut-on faire, dès lors, l’économie d’une réflexion sur la lisibilité des dispositifs et sur la responsabilisation des usagers ?

Plusieurs intervenants ont présenté leur vision de cette question lors de la table-ronde animée par Thierry GEVAUDAN.

  • La redevance pour service rendu : élément modulable de tarification du Service Public (Martine LONG, université d’Angers)
  • La nouvelle tarification de la restauration collective des collégiens de Meurthe-et-Moselle (Danielle EHRMANN, Stratégie et Gestion Publiques – Christophe LAFOUX, Conseil général de Meurthe-et-Moselle)
  • Les enjeux liés à la gratuité dans les sites culturels (Jean-Michel TOBELEM, Option Culture)
  • La nouvelle tarification des transports urbains de la communauté urbaine de Strasbourg (Alain FONTANEL, adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de la communauté urbaine de Strasbourg)

Favorisez-vous également une approche globale de la tarification des services publics ?

Quelle diplomatie d’influence ?

20 juin 2010

Policultures, La lettre des politiques culturelles et artistiques (n° 144, avril 2010), consacre sous ce titre un dossier à la question de la diplomatie culturelle de notre pays, en contrepoint de l’exemple de la Russie et de l’Espagne (http://www.policultures.fr).

Selon son responsable, le journaliste Philippe Pujas, ce dossier vise à répondre aux questions suivantes :

  • Une diplomatie pour quelle influence ?
  • La place de la France dans le monde, son économie, pour laquelle l’image (les images) compte tant ?
  • La défense d’une langue que la France semble négliger quelque peu ?
  • Et vers où chercher de l’influence, alors que l’Europe est délaissée ?

Voir à ce sujet :

et

On y trouvera également une présentation du rapport rédigé par Bernard Plasait pour le compte du Conseil économique, social et environnemental, « Améliorer l’image de la France« , adopté le 9 mars 2010.

Selon Philippe Pujas, « La France s’endort sur des lauriers qui commencent à faner ».

Partagez-vous cette opinion ?

Inaliénabilité des collections

15 juin 2010

Notre billet du 12 août 2009 (Peut-on vendre les œuvres des musées ?) annonçait le colloque organisé par musée de Mariemont (Belgique) : http://www.musee-mariemont.be/accueil/activites/colloques/linalienabilite_des_collections.

Nous disposons aujourd’hui d’une publication issue de cette journée d’étude : L’inaliénabilité des collections de musée en question, actes du colloque tenu au musée royal de Mariemont le 28 avril 2009, édités par François Mairesse, éditions du musée de Mariemont (http://www.dessinoriginal.com/2814-l-inalienabilite-des-collections-de-musee-en-question.html).

En voici la présentation :

L’inaliénabilité : un principe indispensable ou à remettre en cause ? Vendre, céder ou détruire des collections de musée peut-il se concevoir ? Selon quelle procédure ? Avec quels bénéfices et quels risques ? Que faire du produit d’une possible vente ? Tous les objets sont-ils égaux face à l’aliénation ? Récemment, plusieurs projets visant à modifier le principe général d’inaliénabilité des collections de musée ont été mis à l’ordre du jour, en France et en Belgique notamment. La question interpelle ; elle rencontre, généralement, un refus catégorique de la part des professionnels de ces pays. En vertu du code de déontologie de l’ICOM pour les musées, le retrait d’un objet des collections, par la cession, la vente ou la destruction ne peut être envisagé que si cela ne porte aucun préjudice à la mission d’intérêt public confiée au musée. Ce principe connaît des applications nuancées d’un pays à l’autre. Ainsi, les textes relatifs aux collections publiques italiennes et espagnoles sont très restrictifs. Aux Pays-Bas ou en Grande-Bretagne, les opérations de cession sont autorisées, bien qu’encadrées et limitées. Aliénation versus inaliénabilité, fondements juridiques et jurisprudence de la domanialité publique, expériences belges, néerlandaise et française, autant d’aspects évoqués dans ce volume, qui présente les actes d’un colloque organisé au Musée royal de Mariemont, au mois d’avril 2009, ainsi qu’un certain nombre d’études publiées à la suite de celui-ci.

Notons qu’un colloque s’est tenu au musée du quai Branly sur le même thème les 2 et 3 mars 2010 : L’inaliénabilité des collections publiques, performances et limites ? Le programme de la conférence se trouve à l’adresse suivante : http://www.cecoji.cnrs.fr/article.php3?id_article=206.

On lira également sur le sujet, provenant du blog Muséologique : http://museologique.blogspot.com/2010/05/remise-des-tetes-maories-vers-une.html.

Rappelons enfin l’avis de Didier Rykner sur ce sujet : http://www.latribunedelart.com/une-loi-dangereuse-pour-l-inalienabilite-adoptee-par-le-parlement-article002563.html.

Et vous, quelle est votre position à ce propos ?

« Pompidou attendu comme le messie à Metz »

10 juin 2010

Tel est le titre quelque peu goguenard de l’article que le magazine Télérama (n° 3148, 12 mai 2010), sous la plume de Sophie Cachon, consacre aux grands projets muséaux en région, à l’occasion de l’ouverture du Centre Pompidou-Metz (http://www.telerama.fr/scenes/pompidou-attendu-comme-le-messie-a-metz,55763.php), qui vise une fréquentation de 200.000 visiteurs en vitesse de croisière (après le prévisible succès de son ouverture).

L’affaire paraît en effet entendue : « Grâce à son nouveau musée inauguré demain, Metz espère les mêmes retombées économiques que Bilbao avec le Guggenheim. Un rêve partagé par les villes de Lyon, Marseille et Lens, dont les projets peinent encore à sortir de terre. On ne récoltera vraiment les fruits de l’investissement que dans la seconde partie de la décennie. Pompidou, c’est d’abord ce que l’on en fera. »

C’est donc également l’occasion de faire le point sur les projets du Louvre-Lens, du musée des Confluences à Lyon et du MuCEM à Marseille.

Dans l’article de Nicolas Bastuck et Claire Guillot (« Le Centre Pompidou sera-t-il une manne pour la région ? »), paru dans le supplément du journal Le Monde du 11 mai 2010, une certaine prudence semble toutefois de mise.

  • Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz : « On ne vas faire la révolution économique et sociale à nous seuls. Après Bilbao, une cinquantaine de projets de ce genre ont fleuri dans le monde. Très peu ont réussi. »
  • Thierry Jean, président de l’agence de développement économique de l’agglomération messine : « Le  Centre Pompidou, en soi, est peu générateur de richesses. L’idée, c’est de s’appuyer sur lui pour augmenter l’attractivité de la ville. »
  • Jean-Pierre Masseret, président du Conseil régional de Lorraine : « Il s’agit de changer l’image d’une région qui évoque encore la crise de l’industrie, puis les restructurations militaires. »

Pour aller plus loin :

  • Pour une promenade architecturale, voir : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/actualite/703150-promenade-architecturale-au-centre-pompidou-de-metz.
  • Voir également : http://www.paris-art.com/art-culture-France/Pompidou-Metz:-un-musee-avec-la-vie/Rouille-Andre/315.html.
  • Ainsi que : http://www.louvrepourtous.fr/Centre-Pompidou-Metz-tout-savoir,505.html.
  • Et encore : http://www.latribunedelart.com/ouverture-du-centre-pompidou-metz-article002573.html.

La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs

4 juin 2010

Vient de paraître, sous la direction de Jean-Pierre Allinne et Renaud Carrier, l’ouvrage collectif La culture au risque du marché. Le mécénat face à ses acteurs (L’Harmattan, 2010 ; http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no_revue=&no=30825 ; ISBN : 978-2-296-11324-4 • 226 pages).

L’ouvrage fait suite à un colloque organisé à l’université de Pau en juin 2008 sous le titre : Les deniers de la culture. Le mécénat, nouveau paradigme ?

Il comporte trois parties :

  • LES MUTATIONS DU MODÈLE CULTUREL FRANÇAIS
  • LA CULTURE, NOUVELLE TRIANGULATION, ÉTAT-COLLECTIVITÉS-ENTREPRISES
  • FONDS PRIVES, CONTRAINTES PUBLIQUES, QUELLES RENCONTRES ?

Mécénat 2010En voici la présentation :

La tradition du mécénat d’État a longtemps permis au secteur culturel d’échapper au secteur marchand.

La globalisation de l’économie, la place grandissante de la communication, la consommation culturelle de masse font que le modèle à direction publique est aujourd’hui concurrencé par le modèle de l’entreprise privée et le paradigme libéral.

Souvent confondu avec le parrainage ou avec les fondations, le mécénat avait mauvaise presse. Il pose de fait le délicat problème du statut des dons et de la nécessaire déontologie à observer dans la gestion des équipements culturels.

Ce livre montre que les pratiques commencent à évoluer. La loi de 2003 a aligné la France sur le niveau de ses voisins européens quant à la défiscalisation des dons. Surtout, le mécénat en région permet à de petites entreprises de se grouper pour soutenir des projets originaux.

Le présent ouvrage illustre le changement d’attitude des acteurs à travers trois questionnements :

  • les mutations du modèle culturel français (I),
  • la nouvelle trilogie État-collectivités-entreprises (II),
  • les rencontres inédites entre fonds privés et contraintes publiques (III).

Il concerne tant les professionnels du secteur culturel que les lecteurs attentifs à la mutation fondamentale qui affecte aujourd’hui la culture.

Le titre de notre article est le suivant : « Le modèle américain de financement de la culture est-il transposable à la France ? »

A lire, de Jean-Pierre Allinne : http://www.artclair.com/jda/archives/docs_article/64947/–s-inspirer-du-modele-anglais–.php

A lire, de Renaud Carrier : http://www.actu-cci.com/article/3366/

Gérer un musée municipal

28 mai 2010

Dans Le courrier des maires et des élus locaux (n° 234, avril 2010), Sophie Flouquet consacre un dossier à la question de la gestion d’un musée municipal (http://www.courrierdesmaires.fr/items/Archives%20%28Couvs%20-%20Sommaires%29/cdm234-sommairep04-05.pdf), en interrogeant trois maires à ce sujet :

  • André Rossinot (Nancy), autour de la question du tourisme culturel
  • René Vandierendonck (Roubaix), au sujet du développement urbain
  • et André Laignel (Issoudun), à propos de la mutualisation des équipements

On trouvera également un dossier réalisé par Caroline Lefebvre sur le thème suivant : Médiathèques, comment rester à la page ?

Trois grands questionnements servent de repères :

  • Les pratiques changent, les priorités aussi
  • Lieux de culture, lieux de vie
  • A la conquête de nouveaux publics

S’agissant des mutations des bibliothèques, on se réfèrera utilement au dossier réalisé par Hélène Girard dans La Gazette des communes (n° 24, 15 juin 2009) sous le titre : Bibliothèques, les nouveaux usages bousculent les traditions.

Autrement dit, la gestion des équipements culturels de toute nature est complexe et s’opère dans un environnement en rapide évolution !

Quels chiffres de fréquentation ?

21 mai 2010

L’importance démesurée prise par les chiffres de fréquentation des grandes institutions culturelles conduit parfois leurs responsables à faire preuve d’une certaine « créativité » (comme on le dit dans le domaine comptable ou financier) à l’égard de leurs résultats dans ce domaine.

C’est alors à celui qui publiera le communiqué de presse le plus enthousiaste.

Problème : les sources sont obscures, l’origine des données n’est pas indiquée, la part des entrées gratuites est imprécise…

Dans ce contexte, le fait que les rapports annuels d’activité ne sont pas publiés ou bien sont retirés après avoir été en ligne pendant de nombreuses années ne laisse pas de créer un certain trouble.

Est-ce le témoignage de l’importance croissante prise par la communication (au sens institutionnel et non pas des actions de médiation), à l’heure où il s’agit de négocier des engagements budgétaires avec les tutelles et de séduire les mécènes ?

Toujours est-il qu’un peu de transparence serait la bienvenue dans ce domaine !

L’absence de recul historique fait en outre perdre de leur crédibilité à nombre de commentaires.

  • A la fin de son mandat, l’ancien directeur d’un musée national s’attribuait ainsi le mérite d’avoir fait franchir un seuil de fréquentation… déjà atteint à deux reprises dans le passé.
  • La fréquentation de l’exposition « Picasso et les maîtres » – 783.000 visiteurs – a été saluée comme un record (ce qui représente bien sûr un grand succès en nombre de visiteurs) alors même que l’exposition Renoir a attiré 793.000 visiteurs en… 1985 !
  • Dans un autre domaine, on crédite le Futuroscope (http://www.futuroscope.com) d’un « spectaculaire redressement » (Les Echos, 4 mai 2010, p. 28), avec 1,7 million de visites en 2009 (un chiffre non négligeable en effet), alors qu’il recevait 2,3 millions de personnes en 2000, il y a 10 ans, et 2,9 millions en 1997 (source, ministère du Tourisme).

C’était le sens de l’article de Léo Pajon (« La guerre des chiffres ») paru dans le numéro d’octobre 2009 d’Arts Magazine (www.artsmag.fr), « Dans cette logique du chiffre, il faut simplement rivaliser avec les cris de triomphe d’établissements concurrents. »

On se référera enfin aux contributions suivantes : http://louvrepourtous.fr/La-frequentation-siliconee-du,479.html et http://www.louvrepourtous.fr/Chateau-de-Versailles-une,496.html.

Vu de votre institution, qu’en pensez-vous ?

Dialogues transatlantiques en histoire de l’art

18 mai 2010

Dialogues transatlantiques en histoire de l’art / Paris, 20 – 21 mai 2010

L’Institut national d’histoire de l’art, l’Ecole normale supérieure et l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense organisent, en collaboration avec la Terra Foundation for American Art, des journées d’études sur le thème des dialogues transatlantiques en histoire de l’art. Elles  réuniront des chercheurs européens et américains étudiant divers aspects de l’art et la culture des Etats-Unis. La discipline de l’histoire de l’art opère souvent dans un cadre national, et plus encore lorsqu’il s’agit du domaine de l’histoire de l’art américain. Le but de cet événement est d’ouvrir le dialogue sur les manières dont les échanges interculturels se manifestent aussi bien dans la culture que dans la recherche. Autour d’une série de présentations et de discussions informelles, ces journées d’études créeront une plateforme d’échanges sur la recherche et les méthodologies actuelles qui mettent en avant les dialogues internationaux.

Renseignements : 01 43 20 67 01

Jeudi 20 Mai – Institut national d’histoire de l’art, Salle Vasari – 2, rue Vivienne, 75002 Paris

10:00–10:15     Introduction

Jody Patterson, Terra Foundation Teaching Fellow in American Art, Institut national d’histoire de l’art, Ecole Normale Supérieure, and Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, Paris

10:15–10:45      Opening Remarks

Eric de Chassey, Director, Académie de France à Rome – Villa Medici

10:45–11:15       Anglo-American: American Art and British Art Studies

David Peters Corbett, York University

11:15–11:45        Crossing the Interval with Pendant Paintings

Wendy Ikemoto, Terra Foundation Teaching Fellow in American Art, Courtauld Institute of Art, London

11:45–12:15        New International Perspectives on ‘The Family of Man’

Kristen Gresh, PhD, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

12:15–13:00      Discussion

13:00-14:00      Lunch

Cafeteria, Institut national d’histoire de l’art

14:00–14:30     The German Connection: Expressionism in Germany and the U.S. Before World War I

Angela Miller, University of Washington, St Louis, and Terra Foundation Visiting Professor in American Art, Institut national d’histoire de l’art

14:30–15:00     Paris-Berlin-New York: A Three-Way Collaboration Against War in April 1917

David Lubin, Wake Forest University, Terra Foundation Visiting Professor in American Art, John F. Kennedy-Institute, Freie Universität Berlin

15:00–15:15       Coffee

15:15–15:45        Pop macht frei! American Pop Art and the German People

Catherine Dossin, Purdue University, West Lafayette, Indiana

15:45–16:15       Discussion

Vendredi 21  mai  – Terra Foundation for American Art Europe – 29, rue des Pyramides, 75001 Paris

10:00–10:30    Opening Remarks

Philippe Bordes, Directeur du département des études et la recherche, Institut national de l’histoire de l’art

10:30–11:00     L’artiste-économiste, une perspective transatlantique

Sophie Cras, Ecole Normale Supérieure

11:00–11:30      Art and Politics: The Great Divide?

Warren Carter, University College London

11:30–12:00     The Wall as Painting. Mark Rothko’s Italian Journeys

Riccardo Venturi, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense

12:00–12:30     Paris art dealers and the American market: cultural misunderstandings (1945-1970)

Julie Verlaine, Université de Caen Basse-Normandie

12:30–13:00     Discussion

13:00–14:30     Lunch

Cafeteria, Institut national d’histoire de l’art

14:30–15:00     Expatriate Art Historian; Negotiating National Identities

Katherine Bourguignon, Terra Foundation for American Art Europe

15:00–15:30     What to do with Design? Transatlantic Perspectives in Museum Display

Jennifer A. Donnelly, doctoral student, Université Paris Diderot -– Paris 7

15:30–16:00     La France et les Etats-Unis, quelles relations muséales ?

Le Louvre-Atlanta et le FRAME : deux cas distincts d’échanges

Grichka Redjala, masters student, Université Sorbonne Nouvelle -– Paris 3

16:00–16:30    Généalogie du postmodernisme (USA -Europe) : la question des échanges manqués

Annie Claustres, Université Lumière Lyon 2

16:30–17:30      Discussion

17:30 Reception

Colloque Musées et Tourisme

15 mai 2010

Voici la présentation d’un colloque qui aura lieu les 20 et 21 janvier 2011 à Paris sur le thème suivant : « Nouveaux musées, nouvelles ères urbaines, nouvelles mobilités touristiques ».

Vous trouverez l’appel à communication (en français et en anglais) à l’adresse suivante : http://www.univ-paris1.fr/fileadmin/IREST/Colloques/Appel_a_Com_Coll_Musees_et_Tourisme.pdf.

Les responsables scientifiques de ce colloque international sont :

  • L’E.I.R.E.S.T. (Équipe Interdisciplinaire de REcherche Sur le Tourisme) – Université Paris1 – Panthéon-Sorbonne / Edith FAGNONI & Maria GRAVARI-BARBAS
  • La Chaire UNESCO « Culture, Tourisme, Développement » / Maria GRAVARI-BARBAS

Les objectifs du colloque sont les suivants.

Le lien entre tourisme et fréquentation des musées, a priori marqué par l’évidence, est cependant assez rarement questionné. Or, si le musée « produit » du tourisme, il n’en est pas moins vrai que le tourisme « produit » du musée. En effet, il semble que le musée ne puisse pas être pensé sans se référer au tourisme, même si le musée ne peut être considéré comme un simple artefact au service de l’attractivité touristique. De même, la ville produit des musées et du tourisme, mais réciproquement, le musée et le tourisme produisent de la ville.

Cette dialectique inaugurée à la fin du XIXe siècle se reconfigure aujourd’hui sous l’effet de la métropolisation. L’objectif est d’étudier cette relation complexe entre musées, tourismes, et villes, selon les « modèles » de musées, les contextes, et les époques. Il s’agira, d’une part, de voir ce que le musée en tant que production culturelle spécifique doit au tourisme, à travers ses stratégies de localisation et de développement, et ses mutations ; et, d’autre part, de voir comment l’analyse du lieu spécifique qu’est le musée permet d’apporter un éclairage sur le tourisme et les pratiques touristiques.

Les contributions attendues visent tous types de musées, mais particulièrement les grands musées à l’échelle internationale permettant de mieux comprendre la nécessaire coopération entre musée et tourisme. Les réflexions menées à partir d’une approche diachronique, tenant compte des processus et temporalités, sont encouragées.

Ce colloque sur les liens entre grands musées et tourisme pose la question des mutations des musées, du point de vue de leur rénovation, de leur impact territorial, de leur prise en compte du tourisme, des mutations muséologiques et des nouvelles pratiques touristiques qui y sont associées.

Les bibliothèques peuvent-elles générer des ressources ?

10 mai 2010

Bibliothèques, et si on parlait d’argent ?

Tel est l’intitulé – quelque peu provoquant en ces temps troublés concernant l’avenir du financement des activités culturelles – du congrès annuel de l’association des bibliothécaires de France (http://www.abf.asso.fr).

Le colloque, qui se déroulera à Tours du 20 au 23 mai 2010, propose sept conférences en relation avec le thème général de l’économie :

  • les marchés publics et la règlementation ;
  • le marché des bibliothèques pour les librairies ;
  • le point de vue des prestataires informatiques ;
  • la part des dépenses de personnel dans le budget des bibliothèques ;
  • bénévoles, précaires et autres métiers ;
  • la documentation électronique : impact et conséquences économiques ;
  • les bibliothèques peuvent-elles générer des ressources ?

Par ailleurs, huit ateliers sont programmés, à partir des expériences régionales : marchés et libraires ; usages et tarifs ; les partenariats, une nécessité pour l’action culturelle ; dons et désherbage ; les partenariats pour le développement de la lecture chez les jeunes ; blogs collaboratifs et réseaux associatifs, quelle cohabitation ? L’économie dans les collections : politique documentaire et mise en valeur ; la dématérialisation des documents sonores : quel coût ?

L’ensemble du programme se trouve à l’adresse suivante : http://www.abf.asso.fr/fichiers/PROGRAMME%20TOURS%20FINAL.PDF.

Nous participerons à la table-ronde portant sur le thème suivant : Les bibliothèques peuvent-elles générer des ressources ?

MODÉRATEUR

Gilles Eboli : directeur, bibliothèques municipales de Marseille

INTERVENANTS

  • Louis Burle : directeur, médiathèque de l’agglomération troyenne
  • Chantal Fontaines : directrice, Accolad, agence de coopération de Franche-Comté
  • Gérard Pardessus : directeur des affaires culturelles de la ville de Nantes
  • Jean-Michel Tobelem : cabinet Option Culture

Voir également http://infos.lagazettedescommunes.com/38860/en-congres-a-partir-du-20-mai-a-tours-les-bibliothecaires-veulent-parler-dargent.

L’art dans la mondialisation

5 mai 2010

La revue Questions internationales (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/3303331600428/) consacre son dernier numéro à la question de la mondialisation de l’art et de la culture, à travers un recueil de contributions comportant nombre d’illustrations et de tableaux bienvenus.

Mondialisation

En voici le sommaire :

- Ouverture. L’art au prisme de la mondialisation (Serge Sur)
- L’évolution du concept d’œuvre d’art (Jean Galard)
- L’extension des lieux de l’art de l’Europe au reste du monde (Thierry Laurent)
- Les grands musées, acteurs des relations internationales ? (Jean-Michel Tobelem)
- La place de Paris dans le marché mondial de l’art et des enchères (Entretien avec François Curiel)
- Le marché de l’art : une mondialisation en trompe-l’œil (Alain Quemin)
- La structure et le fonctionnement du marché mondial de l’art (Muriel De Vrièse)
- Le trafic international des œuvres d’art (Pierre Tabel)
- Les enjeux internationaux liés à la restitution et au retour des œuvres d’art (Édouard Planche)
Questions européennes
- Les nouveaux horizons de la diplomatie turque (Dorothée Schmid)
Regards sur le monde
- Le secrétaire général des Nations Unies : un mode d’élection opaque et contesté (Thérèse Gastaut)
- La guerre économique, du concept à la réalité (Pascal Gauchon et Frédéric Munier)
Histoires de Questions internationales
- Art et diplomatie en Europe : de la Renaissance à la Révolution française (Lucien Bély)
Document de référence
- Vivant Denon et les restitutions de 1815 (extraits)

Questions internationales, L’art dans la mondialisation (n° 42 mars-avril 2010), La Documentation française.

Réf. : 3303331600428, 128 pages, 19×25 cm, ISSN : 1761-714.

Voici, pour nos amis anglophones, le résumé en anglais de notre article proposé par la revue :

Globalisation has radically changed the role played by the world’s great museums. All these cultural institutions have a significant international dimension, whether in the circulation of art works, their legal or financial framework or their communication policies. The developpment of major museum projects abroad is becoming a decisive element in their influence worldwide. The complexity of the cultural, financial, and – often diplomatic – implications of the projects is nonetheless often pointed out and demands greater convergence in the strategy of these players.

Vos réactions concernant ce dossier sont attendues.

Stock options (suite)

1 mai 2010

Rassurons les lecteurs candides ou ceux peu familiers de la tradition des canulars et autres plaisanteries du 1er avril : il n’y avait rien de vrai (espérons-le du moins…) dans notre billet portant sur les stock options dans le secteur culturel !

Mais si cette annonce a été prise au sérieux par certains, de même que les poissons d’avril de La Tribune de l’art (http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html) ou du Louvrepourtous (http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html), on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là quelque chose d’inquiétant concernant l’avenir des musées et des monuments dans notre pays.

Sur le mode de la boutade, nous touchons par conséquent au sujet sensible d’institutions culturelles qui sont progressivement placées au centre d’enjeux économiques, politiques, diplomatiques… et de pouvoir.

En effet, comme l’indique Sophie Flouquet dans le Journal des Arts (n° 322, 2-16 avril 2010), « les établissements publics culturels sont aujourd’hui l’enjeu de luttes de pouvoir inimaginables il y a encore une dizaine d’années ».

Qui l’eût dit, qui l’eût cru ?

Quelles ressources pour le patrimoine ?

26 avril 2010

Récemment visité sous la conduite de son directeur, Olivier Rousseau (par ailleurs docteur du muséum national d’Histoire naturelle), le château d’Andrézieux-Bouthéon (http://www.chateau-boutheon.com) offre l’occasion de réfléchir aux ressources des musées et des monuments.

Le domaine de Bouthéon, dans le département de la Loire, a la chance de pouvoir se développer depuis quelques années dans un environnement favorable du point de vue concurrentiel et des bassins de chalandise, en dépit d’une accessibilité réduite du fait de sa situation en centre-ville.

Le fait de proposer une offre aux multiples composantes, s’adressant à des publics aux intérêts divers et répondant aux attentes des différents membres de la famille constitue dans ce cas un avantage : des animaux pour les enfants, un centre d’interprétation et un aquarium pour toute la famille, un parc et un jardin pour les amoureux de la nature, des expositions et de nombreuses manifestations événementielles pour susciter des visites régulières de la population résidante.

Parvenir à susciter un niveau raisonnable de ressources propres suppose de combiner plusieurs sources de financement, en particulier les recettes de billetterie et celles provenant de la boutique (nous y reviendrons dans de prochains billets).

Le domaine d’Andrézieux-Bouthéon a quant à lui l’avantage de pouvoir proposer en outre une offre très développée de location de salles pour des séminaires, réunions et autres rassemblements d’entreprises ou d’associations, ce qui se justifie du fait de la présence d’une importante zone industrielle et de la proximité de grandes agglomérations (Saint-Étienne en particulier).

Reste à proposer une offre de restauration, légère et limitée à la haute saison éventuellement, pour répondre à la fois aux besoins des publics et créer de nouvelles sources de revenus. Cela s’impose en particulier lorsque les visiteurs peuvent rester plusieurs heures dans un site et qu’il n’est pas commode de sortir du domaine pour s’offrir un rafraîchissement ou une friandise… voire plus.

Notre suggestion, pour finir : veiller à une certaine forme d’authenticité pour ce qui a trait au patrimoine (restauration du bâti ancien et implantation de constructions vernaculaires) et… prévoir un change-bébé !

Formation au mécénat (2)

16 avril 2010

FGV

LES FORMATIONS SPÉCIALES MÉCÉNAT
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1ère journée – Stratégie et politique de mécénat
2ème journée – Mécénat : applications pratiques

Mardi 18 et mercredi 19 mai 2010 – de 10h à 17h30
Lieu : FORUM – 59 rue La Boétie – 75008 PARIS
Intervenants : Jean-Michel TOBELEM, directeur d’Option Culture et Jérôme KOHLER, directeur de l’Initiative philanthropique.

Première journée

Objectifs :
• Comprendre les enjeux actuels du mécénat et définir les axes d’une stratégie de mécénat adaptée à son organisation.
• Mettre en place un plan d’action opérationnel issu de la définition d’une stratégie de mécénat spécifique à son organisation.

Deuxième journée

Objectifs :
• S’appuyer sur des études de cas et des exemples de mécénat.
• Mettre en perspective le projet de mécénat de son organisation.

Public : Collectivités et entreprises : tout cadre souhaitant acquérir les clés pratiques pour réussir son opération de mécénat.

Télécharger le programme et le bulletin d’inscription : http://www.forumgv.com/IMG/pdf/Formation_mecenat-2.pdf

Jean-Michel TOBELEM, docteur en gestion, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et d’études supérieures de droit public, directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture qui conseille des porteurs de projets, des institutions et des collectivités publiques dans le domaine culturel.

Jérôme KOHLER intervient depuis 15 ans sur l’ensemble des problématiques de mécénat. Ancien directeur-adjoint du département fondations de la Fondation de France et ancien directeur du mécénat du groupe L’Oréal, il a par la suite conseillé des entreprises comme les Caisses d’Epargne, Groupama, JTI… sur leur stratégie de mécénat. Il a par ailleurs accompagné des institutions comme le musée du Louvre, le Vitra Design Museum, l’AFAA, la Maison Rouge…

Bulletin d’inscription à imprimer et à retourner :

par fax au 01 42 25 89 36 ou par mail à Virginie SAINT-LÉGER, chargée de mission.

Communication et Mécénat – courriel : virginie.saintleger@forumgv.com.

Pour en savoir plus téléchargez l’OFFRE MÉCÉNAT : http://www.forumgv.com/IMG/pdf/Plaquette_mecenat_FORUM-6.pdf.

Patrimoines en mouvement 3

12 avril 2010

Le numéro 231 (mars 2010) de la revue des Vieilles maisons françaises (www.vmfpatrimoine.org) consacre un article au riche patrimoine de la ville de Toulouse, candidate naturelle aux courts séjours (ou city breaks).

Le tourisme urbain se nourrit en effet de monuments, mais aussi de musées, d’événements culturels et sportifs, d’hôtels de caractère, de boutiques rares ou insolites, de restaurants  typiques, de quartiers vivants et d’une pointe de modernité… sans oublier les attraits de la vie nocturne !

VMF Toulouse

Quant à Sophie Flouquet, elle analyse les raisons pour lesquelles les entrées de villes sont devenues « un fléau français » en raison d’une législation insuffisante, mais aussi d’une réglementation peu appliquée.

Sa conclusion : « Les tristes entrées de villes risquent donc d’avoir encore de beaux jours devant elles ! »

Comme s’interrogent du reste les VMF, « est-il cohérent de protéger – parfois de surprotéger – les centres-villes et de se désintéresser de leur développement en périphérie ? Le premier regard sur une ville n’est-il pas porté à partir de ses entrées, trop souvent abandonnées à la spéculation publicitaire et commerciale ? »

Sur le même thème, on pourra également lire l’article de Xavier de Jarcy et Vincent Remy dans le numéro 3135 de Télérama : http://www.telerama.fr/monde/comment-la-france-est-devenue-moche,52457.php.

Télérama 1

René Rizzardo, in memoriam

8 avril 2010

Avis de décès de René Rizzardo,

fondateur de l’Observatoire des politiques culturelles,

survenu dans sa soixante-neuvième année.

http://www.observatoire-culture.net

http://www.ledauphine.com/culture-il-fut-l-adjoint-d-hubert-dubedout-rene-rizzardo-est-mort-@/index.jspz?comnumcom=38185&article=286420

http://www.micheldestot.fr/grenoble/rene-rizzardo-etait-un-homme-dexception-constamment-tourne-vers-les-autres-et-vers-lavenir

http://www.culture.gouv.fr/mcc/Actualites/A-la-une/Rene-Rizzardo-nous-a-quitte

http://infos.lagazettedescommunes.com/35829/deces-de-rene-rizzardo/

http://maisonjeanvilar.org/public/03_activites/rencontres/2009/le-ministere-de-la-culture-a-50-ans.html#

http://www.genevieve-fioraso.fr/Hommage-a-Rene-Rizzardo_a426.html

http://www.liberation.fr/culture/0101629216-rene-rizzardo-fin-d-un-utopiste-modele

http://observatoire-culture.net/hommage

Les stock options autorisées pour les directeurs d’institutions culturelles !

1 avril 2010

De sources concordantes généralement bien informées, proches des services de la présidence, nous apprenons que le gouvernement s’apprête à autoriser – sous conditions – le versement de stock options (ou « options sur titres ») pour des directeurs d’institutions culturelles.

Plusieurs exigences seraient toutefois prévues :

  • le montant des stock options ne pourra excéder un million d’euros au total
  • leur versement ne sera pas autorisé avant une période de 5 ans
  • la somme versée sera bien sûr soumise aux impôts (y compris l’ISF) et aux cotisations sociales

Dans la pratique, pourront prétendre au versement de ces stock options les directeurs d’institutions culturelles (théâtres, maisons d’opéra, musées, bibliothèques, centres d’archives, etc.) qui auront fait progresser la fréquentation de plus de 10% par an pendant trois ans, n’auront connu aucun conflit social et auront accru leurs ressources propres (billetterie, locations de salle, mécénat…) de 5% en moyenne chaque année.

L’objectif, bien entendu, est d’accroître la performance des institutions culturelles, d’intéresser leurs responsables aux résultats obtenus et d’encourager la poursuite du rapprochement entre le monde de la culture et celui des entreprises.

Alors que certaines voix s’élèvent déjà pour dénoncer l’existence de « parachutes dorés », il s’agirait – selon les sources citées qui souhaitent rester anonymes – d’un élément de motivation supplémentaire pour les directeurs d’institutions et en aucun cas du symbole d’une « marchandisation de la culture ».

Un décret du ministère de la Culture devrait venir préciser dans les jours à venir les modalités d’application de la mesure.

Qu’en pensez-vous ?

PS : deux nouvelles surprenantes nous parviennent, à lire aux adresses suivantes.

  • http://www.latribunedelart.com/pa-l-sarkozy-entre-au-louvre-article002516.html
  • http://www.louvrepourtous.fr/Stephane-Bern-nomme-a-la-tete-du,474.html

François Mairesse et « Le musée hybride »

22 mars 2010

Doté de connaissances encyclopédiques et d’une érudition sans faille, François Mairesse - directeur du musée royal de Mariemont (http://www.musee-mariemont.be) – est l’un de nos plus importants muséologues, et pas seulement dans l’espace francophone.

A ce titre, chacune de ses publications permet de situer une question dans le temps et dans l’espace, grâce à des considérations à la fois académiques et professionnelles.

Mairesse

La question du don – en relation avec celle de l’Etat et du marché – est au coeur du livre, mais on y trouve également des développements consacrés à la tarification et à l’aliénation d’oeuvres.

Pour un ouvrage appelé à devenir une référence, on regrettera toutefois l’absence d’un index.

Reste qu’il serait dommage de se priver d’une lecture dense, informée et propice à la réflexion sur l’évolution internationale du monde muséal. 

Présentation de l’éditeur (http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110078070) :

Le monde des musées et celui de l’économie, avec leurs exigences respectives, cohabitent parfois difficilement. Entre le « Tout État » et le respect de la mission de service public qui lui est attaché et le « tout marché » avec les perspectives d’autofinancement, l’auteur de cet ouvrage a envisagé une autre logique, celle du don, qui ouvre la voie à une gestion d’un nouveau type. Toutefois, comme aucun de ces trois modes de financement ne saurait se suffire à lui-même, il préconise une combinaison de ces trois logiques, prélude à d’autres modes de fonctionnement des musées.

Le mythe du lien entre gratuité des musées et cherté des expositions

15 mars 2010

On entend fréquemment dire que la gratuité de l’accès aux collections permanentes des musées s’accompagnerait nécessairement d’un renchérissement sensible du prix des expositions.

En réalité, il n’en est rien !

D’une part, certaines institutions payantes n’ont aucunement besoin du prétexte de la gratuité des collections pour pratiquer des prix d’exposition élevés.

D’autre part, certains musées d’accès gratuit pratiquent également la gratuité des expositions temporaires, même les plus prestigieuses et les plus coûteuses à monter, comme les musées (nationaux) de la Smithsonian Institution à Washington D.C.

Smithsonian 1

Dès lors, l’augmentation du prix des expositions et la gratuité d’accès aux collections permanentes des musées sont deux phénomènes distincts qui n’entretiennent pas nécessairement de lien direct de cause à effet !

Avez-vous des témoignages allant dans ce sens ?

De l’intérêt des expositions « populaires » ?

12 mars 2010

Leur nombre  ne cesse d’augmenter… et l’on peut prédire que ce n’est pas fini !

Après Titanic, Star Trek, Gaston Lagaffe, le Seigneur des Anneaux, Disney, La Guerre des étoiles, Tarzan et l’on en passe, voici une exposition consacrée aux jouets Playmobil au musée des Arts décoratifs à Paris.

Titanic

Questions :

  • Est-ce un moyen de mieux diffuser des connaissances à un public peu familier des institutions culturelles ?
  • S’agit-il de faire parler du musée dans les médias ?
  • L’objectif est-il principalement économique ?

Là encore, ne soyons pas bégueules ! Si l’on conserve un équilibre avec les expositions ayant un véritable fondement scientifique et répondant à des enjeux éducatifs, alors pourquoi pas une exposition plus facile d’accès et plus distrayante de temps en temps ?

Disney

Mais si les thèmes dits « crowd pleasers » sont promus avant tout pour des raisons financières, alors il y aurait lieu de s’inquiéter pour la mission culturelle et pédagogique de nos institutions culturelles.

Cf. notre article :

http://www.revue-espaces.com/librairie/4920/expositions-frequentation-musees-musee.html.

Quel est votre avis sur cette question ?

Cluny et la transformation des musées

8 mars 2010

Un entretien intéressant avec la directrice du musée de Cluny – musée national du Moyen Âge (Paris) dans le Journal des Arts n° 309 (18 septembre – 1er octobre 2009).

Cluny

Son chef d’établissement établit plusieurs constats :

  • Le statut d’établissement public n’est pas adapté à tous les types de musées et, en tout état de cause, il constitue un moyen pour faciliter leur développement et non une finalité (« Le statut du musée doit être un outil, pas une fin en soi« ) ;
  • La multiplication des établissements publics a pour conséquence d’intensifier la concurrence entre musées (et – ajoutons – d’affaiblir la Réunion des musées nationaux) ; en effet, « même si le statut d’EP a eu pour heureuse conséquence de doter les grands musées de nouveaux moyens, cela a contribué à casser le réseau scientifique et patrimonial des musées nationaux, instaurant entre eux une sorte de système de concurrence. Cela a été très dommageable« .
  • Il convient enfin d’être particulièrement prudent dans l’utilisation des collections pour lever des fonds (« Ne pas trop glisser sur la pente de la circulation à tous crins« )…

Partagez-vous les observations de cette conservatrice générale du patrimoine ?

Vous avez dit « organisation culturelle de marché » ? (4)

5 mars 2010

Bien que partageant certains points communs avec les musées « super-stars », qui ne concernent par définition qu’un très petit nombre d’établissements dans le monde, les OCM se caractérisent avant tout par la dépendance du site culturel à l’égard du marché, ce qui peut concerner un musée ou un monument dont l’audience n’est pas nécessairement internationale mais davantage régionale.

De plus, les OCM ne se rapportent pas exclusivement – au contraire des musées « superstars » – aux grands musées d’art (et en particulier de peinture), mais peuvent tout aussi bien concerner des musées de science, d’ethnologie ou d’histoire.

Enfin, cette proposition de définition exclut des institutions célèbres mais dont la plus faible dépendance à l’égard du marché conduit à ne pas les ranger dans la catégorie des OCM.

On peut citer à cet égard les grands sites culturels qui sont dotés d’une confortable dotation en capital (ou endowment) ; de même que les équipements qui peuvent choisir – volontairement – de rester à l’écart des phénomènes de la communication de masse, à l’instar d’institutions de grande réputation mais prioritairement tournées vers l’étude, la recherche et les publications.

Suite et fin au prochain billet !

Forum pour la gestion des villes : formation au mécénat (1)

24 février 2010
FGV
LES FORMATIONS SPÉCIALES MÉCÉNAT
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1ère journée – Stratégie et politique de mécénat
2ème journée – Mécénat : applications pratiques

Mardi 23 et Mercredi 24 mars 2010 – de 10h à 17h30
Lieu : Etoile Saint-Honoré – 21-25 rue Balzac – 75008 – PARIS
Intervenants : Jean-Michel TOBELEM, directeur d’Option Culture et Jérôme KOHLER, directeur de l’Initiative philanthropique

1ère journée

Objectifs :
• Comprendre les enjeux actuels du mécénat et définir les axes d’une stratégie de mécénat adaptée à son organisation.
• Mettre en place un plan d’action opérationnel issu de la définition d’une stratégie de mécénat spécifique à son organisation.

2ème journée

Objectifs :
• S’appuyer sur des études de cas et des exemples de mécénat.
• Mettre en perspective le projet de mécénat de son organisation.

Public : Collectivités et entreprises : tout cadre souhaitant acquérir les clés pratiques pour réussir son opération de mécénat.

Télécharger le programme et le bulletin d’inscription : http://www.forumgv.com/IMG/pdf/Formation_mecenat.pdf

Jean-Michel TOBELEM, docteur en gestion, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et d’études supérieures de droit public, directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture qui conseille des porteurs de projets, des institutions et des collectivités publiques dans le domaine culturel.

Jérôme KOHLER intervient depuis 15 ans sur l’ensemble des problématiques de mécénat. Ancien directeur-adjoint du département fondations de la Fondation de France et ancien directeur du mécénat du groupe L’Oréal, il a par la suite conseillé des entreprises comme les Caisses d’Epargne, Groupama, JTI… sur leur stratégie de mécénat. Il a par ailleurs accompagné des institutions comme le musée du Louvre, le Vitra Design Museum, l’AFAA, la Maison Rouge…

Bulletin d’inscription à imprimer et à retourner par fax 01 42 25 89 36 ou par mail à Virginie SAINT-LEGER, chargée de mission Communication et Mécénat – courriel : virginie.saintleger@forumgv.com. Pour en savoir plus télécharger l’OFFRE MÉCÉNAT ! http://www.forumgv.com/IMG/pdf/Plaquette_mecenat_FORUM-2.pdf

Faut-il avoir peur de la gestion ?

22 février 2010

L’orientation gestionnaire est fréquemment rendue responsable d’un éloignement des grandes institutions culturelles de leurs missions artistiques, scientifiques, sociales ou pédagogiques.

C’est peut-être aller un peu vite en besogne !

Nul ne peut nier qu’une priorité accordée aux logiques managériales puisse parfois s’effectuer en contradiction avec la vocation culturelle et éducative de quelques grands établissements.

Mais cela supposerait que l’on confonde les fins avec les moyens.

En effet, un grand établissement doit nécessairement être « géré », si l’on entend par là qu’il doit être fait un usage pertinent et efficient des fonds publics, d’une part ; et que, d’autre part, les évolutions du monde contemporain imposent à ces établissements de nouvelles responsabilités : gestion des ressources humaines, recherche de financements, animation des partenariats, encadrement juridique des opérations, démarche stratégique, etc.

Autrement dit, il n’est pas imaginable de négliger la fonction gestionnaire des établissements culturels, mais cette dernière doit nécessairement être placée au service de leurs fonctions scientifiques et éducatives.

Partagez-vous ce point de vue ?

Vous avez dit Organisation culturelle de marché ? (3)

15 février 2010

C’est pour rendre compte du fait que les sites culturels sont des organisations (mais pas des entreprises au sens commercial du terme) ; que ces organisations relèvent du champ culturel ; et que leur fonctionnement est de plus en plus dépendant du marché – que nous avons proposé le concept d’« organisation culturelle de marché » (OCM) ; cf. nos deux billets précédents portant sur ce thème.

Si la plupart des sites culturels sont concernés par les mécanismes du marché, trois grandes dimensions permettent cependant de spécifier cette notion :

  • la prise en compte prioritaire des publics
  • une approche stratégique visant à agir de façon plus « proactive » que réactive
  • et un mode d’organisation visant efficacité managériale et réactivité à l’environnement du site

S’agissant des publics, l’OCM recherche un ajustement de son offre aux besoins perçus de la demande au moyen de sa programmation culturelle, des services proposés aux visiteurs et d’une insertion croissante dans les politiques touristiques territoriales.

Dès lors que les sites culturels cherchent à adapter leur offre scientifique, culturelle et pédagogique aux mutations de leur environnement, ils sont conduits à se placer dans le cadre d’une démarche stratégique (définissant des objectifs au service de leur mission) et à évaluer le résultat de leurs actions.

De même, l’organisation du site culturel n’est pas considérée comme une donnée intangible ; elle peut être reconfigurée en fonction des moyens permettant d’accomplir au mieux la mission de l’institution.

Nous approfondirons cette approche dans un prochain billet.